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smiley : regular_smile relai

en attendant une prochaine note, je me fais le relai de ceci:

http://nuitdesresistances.wordpress.com/

 

pour ma part je serai en avignon à cette date

 

on s'y croise peut être?

samedi 05 juillet à 22h45 par selva | # | commenter

smiley : regular_smile Rod Story 10 Une co-éc Plasoc / Selva

 

 

ROD STORY

 

Une co-écriture Plasoc/Selva

 

 

        10 - Réjouissez-vous

 

(Detroit)

 



Si vous attendez le guide touristique vous allez être déçus. Rod ne le fut pas, lui, et en prit plein les yeux en essayant de ne pas trop voir le côté commercial des choses. Dans son imagination, il se représentait les premiers hommes qui avaient vu ce paysage….Il essayait de gommer les marchands de souvenirs et les groupes guidés, et même les copines de Nancy , pour ne garder dans son film perso que celle-ci et lui-même, vêtus de peaux de bêtes , debout, jeunes, beaux, courageux….

-Qu’est-ce que tu as à bailler aux corneilles, s’esclaffa Betty. Et Mary et Coleen de rire avec elle. Rod se sentit rougir bêtement.

–Je parie qu’il se rêve en  Native American seul avec toi, pouffa Betty. Rod la fit déchiqueter immédiatement par un lynx des montagnes. ( Y avait-il des lynx ?)

-Ce genre de paysage, dit Mary, ça produit toujours des effets bizarres ! Mon dieu il est écarlate. Rod jeta mentalement Mary dans les chutes , et Coleen avec, et leurs hurlements virtuels le remplirent de satisfaction. Il n’osait pas regarder Nancy de peur d’avoir à la faire dévorer par un grizzly ( y avait il des grizzlis ?) mais elle s’approcha tranquillement de lui et lui prit la main sans un mot.

-On y va, dit-elle. En route pour Detroit !

 

*************************

 

De Detroit, il n’avait vu pour l’instant  que les couloirs d’un hôpital. En effet, Coleen  avait commencé à se sentir mal une cinquantaine de miles  avant leur entrée en banlieue :  une crise d’appendicite qui ne leur laissait guère le choix. Ils avaient suivi l’ambulance. Elle avait été opérée d’urgence et venait à présent de s’éveiller. Rod, Nancy et Marie  avaient pu brièvement la voir, le temps de dire quelques mots, mais Nancy refusait de quitter l’hôpital où se trouvait son amie et Mary et Betty  également. Rod ne savait que faire, craignait de se montrer indélicat. Il errait dans les couloirs à la recherche d’une machine à boissons quand une voix murmura à son oreille : « Réjouissez-vous ! » Il sursauta et fit brutalement demi tour. Un gros homme rubicond vêtu de noir avec une écharpe blanche  le regardait en souriant d’un air bienveillant, et en lui tendant une série de brochures. Rod fit un signe de refus qui ne sembla pas décourager le petit homme.

-Jeune homme, je vois dans votre regard que vous cherchez votre chemin. Eh bien réjouissez vous, vous l’ avez trouvé !

-Non, vraiment, je vous remercie Monsieur, mais…

-Allons, ne dite pas non ! La caravane spirituelle  de Josh Turnbull  n’attendait que vous ! Et vous, vous n’attendiez que la révélation de l’esprit suprême pour donner un sens à votre vie ! Nous sommes faits pour nous entendre !

- Je ne suis pas croyant.

-Raison de plus ! 

Puis il poursuivit, en français : « Vous allez représenter un défi intéressant pour moi pauvre prêcheur ! Quant à moi j’ai besoin d’un chauffeur pour relayer les autres au volant de ma voiture, car je ne conduis pas, pauvre de moi, nous sommes bien peu de chose ! Mais Dieu y pourvoira, il y pourvoit toujours. Sinon poooooooourquoi nous aurait-il conduit dans cet hôoooooooooooooooopital ! »

-En ce qui me concerne, répliqua Rod avec un sourire, j’ai simplement accompagné une amie dont l’amie est hospitalisée ici.

-Et moi je déplore l’immobilisation de mon chauffeur pour six mois à la suite d’un accident stupide. Alleluiaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !

Allons, c’est dit, cinquante dollars par jour ça vous va ?

- Non, merci monsieur, je reste ici.

Nancy s’était approchée

-Vas-y, Rod. Ca ne sert à rien que tu restes ici. Mes copines sont un peu pénibles avec mes amants, et moi je ne suis pas trop disponible. On se reverra peut-être un jour, mais pour l’instant, c’est comme ça, saute sur l’occasion et pars !

Puis elle ajouta, en doux chuchotis dans son oreille :

- Donne lui rendez vous dans une heure, ça nous laisse un petit moment dans le van pour se dire au revoir !

Puis elle ajouta la main joyeusement en direction du révérend Josh Turnbull et fit demi tour en direction des chambres.

-Une fille de caractère, dit Turnbull, même si elle n’est pas exactement dans la ligne des enseignements du Seigneur. Bien, c’est réglé, nous partons dans dix minutes pour Memphis, Tennessee.

-Dans une heure .

-Une heure, ça me va. Rendez- vous sur le parking.

Turnbull lança un clin d’œil sans subtilité  en direction de Rod qui hésita à rappeler le lynx et le grizzli, puis se ravisa. Au diable les autres, lui, il avait un dernier petit rendez-vous avec Nancy, et après, en route pour l’aventure avec cet escroc au bienveillant sourire. Réjouissez-vous !

 

 

 

 

 

jeudi 12 juin à 12h02 par selva | # | 4 commentaires

smiley : regular_smile Rod Story 9 Une co-éc Plasoc / Selva

 

 

ROD STORY

 

Une co-écriture Plasoc/Selva

 

 

        9 Une halte à Niagara Falls

 

(Buffalo – Detroit)

 

 

Si vous voulez aller de Buffalo à Detroit, vous pouvez tourner les cartes dans tous les sens, le chemin le plus court pour faire le trajet passe inévitablement par le Canada. De ce fait, et d’un point de vue purement administratif, Rod se retrouva à nouveau en règle dès la sortie des faubourgs de Buffalo, alors que le van roulait sur la route de Hamilton.

Hamilton, c’était le premier arrêt prévu par l’équipe des filles. Soi-disant, elles y trouveraient à acheter une marque spécifique de produits diététiques qu’on ne trouvait qu’au Canada. Des histoires de fille quoi !

En plus de Nancy, qui ne tarissait pas à propos du petit français qu’elle avait amené avec elle, trois autres jeunes femmes d’une trentaine d’année formaient le groupe d’amies : elles s’appelaient Mary, Betty et Coleen. Toutes étaient natives de Buffalo (NYS), employées la semaine à des tâches insipides, elles se payaient des virées presque chaque week-end, pour, disaient-elles : « changer d’air. »

Il n’y avait que les garçons rustauds et les stupides pompoms qui pouvaient se passionner pour les matches des Sabres et des Bills, constituants les attractions incontournables de fin de semaine en ville. Quand on revendiquait le statut de femme libérée, un samedi à Buffalo ça rimait avec mourir d’ennui.

 

Les quatre amies s’entendaient si bien qu’elles utilisaient une sorte de langage convenu pour communiquer, langage dont les subtilités échappaient largement au jeune français. Ainsi il ne comprit pas les allusions quelque peu grivoises dont il fut l’objet dès le début du voyage, et quand Nancy appuya un regard insistant dans sa direction il ne réalisa pas le moins du monde qu’elle le désignait à ses copines comme le trophée qu’elle avait gloutonnement croqué la nuit passée.

 

Poliment, Rod se contentait d’acquiescer aux allégation de ses hôtesses sans vraiment les comprendre jusqu’à ce que son sourire un peu bêta se transforme en banane quand à travers la vitre, il vit un immense panneau publicitaire indiquant la proximité de Niagara Falls.

 

« Dis donc, Nancy, c’est à combien de miles les chutes ?

- C’est tout près d’ici. Tu connais pas ? Tu veux les voir ?

- Bon sang ! Je comprends ! Les chutes du Niagara ! J’aimerais bien voir ça !

- Comment ? S’étonna Coleen, tu as fait tout ce voyage d’Europe jusqu’à Buffalo et tu n’es pas encore allé aux Falls ! Je le crois pas ! C’est la seule et unique chose qui vaille le coup d’œil dans la région !

- Ben non, tu sais, je suis arrivé seulement hier et un peu par hasard, répondit Rod. Et puis je suis nul en géographie. Je ne savais même pas que les chutes se trouvaient si près d’ici !

Nancy interrogea ses comparses

- Alors, qu’est ce qu’on fait les filles ? On s’arrête un moment pour Rod ?

Mary qui tenait le volant n’hésita pas longtemps. Elle affirma sur l’air de plaisanterie :

- C’est sûr, on ne peut pas passer à côté d’une cinquième merveille du monde sans la lui montrer. On a qu’à s’arrêter un moment à hauteur du fer à cheval, mais pas plus d’un quart d’heure pour ne pas nous mettre en retard.

- O.K. ce sera suffisant pour se remplir les mirettes. Tu vas voir ça Rod ! It’s wonderful ! It’s wonderful ! »

 

 

 (à suivre  )                                 

 

 

 

 

 

 

dimanche 18 mai à 23h07 par selva | # | 2 commentaires

smiley : regular_smile Rod Story 8 Une co-éc Plasoc / Selva

 

 

ROD STORY

 

Une co-écriture Plasoc/Selva

 

 

      8 These boots are made for walking

 

(Buffalo-Detroit- ou presque )

 

Rod dut prendre un bus jusqu’au campus et une fois arrivé se mit en quête d’un ordinateur accessible au public. Cela lui prit du temps mais lui permit de faire la connaissance d’une rousse aux longs cheveux prénommée Nancy qui travaillait à la bibliothèque pour boucler ses fins de mois. Après avoir rassuré ses parents par un message détaillé relatant ses aventures ( quoique de manière non exhaustive ) , il proposa à Nancy d’aller boire un verre  en ville un peu plus tard. En attendant la fermeture, il se mit à lire des  ouvrages un peu au hasard et tomba sur un exemplaire de Jack Kerouac, « Visions of Cody ». Il avait lu « On the road et « Dharma Bums », mais pas celui-là. Le temps passa vite. Nancy lui fit signe qu’on fermait. Elle avait un van antédiluvien peint en rose garé un peu plus loin et c’est ainsi qu’ils arrivèrent au centre ville ou Nancy connaissait un bar à bière qui offrait un grand choix. Elle semblait connaître tout le monde. Rod la regardait s’animer, parler aux uns et aux autres, rire joyeusement. De temps à autres elle jetait un regard vers lui, souriait, faisait signe de patienter. Finalement elle s’installa près de lui et demanda :

-Qu’est ce que tu fais demain, Rod ? C’est le week-end et je pars en van à Detroit avec quelques copines. Ca te dit de nous accompagner ?

-Detroit ? C’est là que je vais justement.

Tu connais quelqu’un là bas ?

-Heu ,oui… Un peu, bredouilla Rod. Une amie de … ma mère.

Nancy sourit malicieusement. Rod rougit malgré lui.

-Ecoute, dit Nancy . Ce soir tu dors chez moi. J’ai besoin d’un peu de tendresse.

Rod crut avoir mal entendu.

Nancy le regarda droit dans les yeux :

-Si tu dis non, je t’emmène quand même à Detroit demain.

- C’est que je ne voyage pas seul . Il y a un autre gars.. Un vieux  que j’ai rencontré il y a deux jours. Je ne peux pas le planter là.

-Non, tu ne peux pas, dit Nancy.

Ils se mirent donc à la recherche de Simon, mais en vain. Au fond, Rod savait qu’il ne  le reverrait pas, en tout cas pas de sitôt. Il n’y avait plus qu’à suivre Nancy.

 

                                           *******

 

 

Au début, il avait chantonné dans sa tête « These boots are made for walking », mais après une nuit de douceur  c’est un autre refrain qui lui vint en tête. Ils étaient allongés dans le lit de la jeune femme et un rayon de soleil venait caresser leurs visages. Il commença, sans presque l’avoir voulu,

 

“It seems so long ago,
Nancy was alone,
looking ate the Late Late show
through a semi-precious stone.
In the House of Honesty
her father was on trial,
in the House of Mystery
there was no one at all,
there was no one at all.”

Au moins, dit Nancy, tu m’as épargne “These boots are made for walking”, c’est déja ça! . Elle se leva malgré les protestations de Rod et revint avec une guitare.” Ce bon vieux Leonard Cohen, dit elle en riant. On n’a rien fait de mieux depuis, d’après mes vieux.. Et au fait, ma soeur s’appelle Suzanne! »

 

“It seems so long ago,
none of us were strong;
Nancy wore green stockings
and she slept with everyone.
She never said she'd wait for us
although she was alone,
I think she fell in love for us
in nineteen sixty one,
in nineteen sixty one.”

 

Elle avait une voix assez basse, un peu rauque. Trop de cigarettes et de nuits tardives. Rod adorait ça, et aussi cette manière qu’elle avait de rire franchement, sans coquetterie. Ils terminèrent la chanson ensemble

“It seems so long ago,
Nancy was alone,
a forty five beside her head,
an open telephone.
We told her she was beautiful,
we told her she was free
but none of us would meet her in
the House of Mystery,
the House of Mystery.

And now you look around you,
see her everywhere,
many use her body,
many comb her hair.
In the hollow of the night
when you are cold and numb
you hear her talking freely then,
she's happy that you've come,
she's happy that you've come.”

 

-Ca, c’est vrai, conclut-elle. Je suis contente que tu sois venu. Mais là, faut qu’on se bouge un peu, parce que mes copines vont arriver, et hop, on the road again !

 

 

mardi 06 mai à 12h43 par selva | # | 5 commentaires
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