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smiley : regular_smile (4) d’une histoire qui fait un galop (façon de parler) d’essai

(4) d’une histoire qui  fait un galop (façon de parler) d’essai

 

 

 

A sept heures du matin ce jour là ( levée tôt à cause de la chaleur) Sonia roulait aussi allègrement que le permettait l’état fraîchement rénové de « LECAMION » Ainsi se nommait le véhicule jaune quasi-historique dont elle avait fait l’acquisition deux semaines plus tôt et que son vieux pote  Samir, mécanicien à ses heures, avait remis en état pour elle. Ce n’était pas encore le voyage, mais une sorte de hors-d’œuvre. Deux jours de ballade et une nuit sur la plage, histoire de tester la ferraille à roulettes et son courage à elle. De toute façon, ce n’était pas grand chose que d’aller dormir aux Salins, elle l’avait fait tant de fois par le passé, oui mais voilà, le passé était passé justement, depuis pas mal de temps, et elle était seule. De toute façon aussi, même le premier voyage qu’elle envisageait avec « Lecamion » n’était pas très exotique, juste un petit tour de France avec quelques incursions hors frontières ici ou là. Si ce premier voyage se passait bien, alors, elle verrait.

Juste comme elle venait de dépasser Arles, et d’y laisser son premier auto-stoppeur, un danois discret qui avait peu parlé, elle aperçut au bord de la route sa voisine Clara le pouce en l’air, pas tellement dans la direction du lycée. Lecamion pila. Clara monta.

-Tu ne m’avais pas dit que tu partais déjà, dit-elle. Tu aurais pu me prévenir.

-C’est juste un galop d’essai, répondit Sonia. Je pars dans quinze jours. Et toi, tu ne m’avais pas dit que tu avais une sortie pédagogique.

Clara sourit. « C’est mon anniversaire la semaine prochaine. Je n’aurais pas voulu que tu loupes ça. » 

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 Oh pardon vous étiez là? C'est bon signe. Non, je n'ai rien à ajouter aujourd'hui...mais merci d'être venus.

 

 

dimanche 30 août à 16h36 par selva | # | 2 commentaires

smiley : regular_smile (3) d’une histoire qui cherche son style

 

(3) d’une histoire  qui cherche son style

 

 

( Clara)

Tu sais quoi. J’laisse tout tomber. Je fais mon sac et j’pars. Pas envie de les revoir ces tronches de faux jetons. La télé de ma mère gueule RENTREE du matin au soir et moi j’ai beau m’planquer sous mon lit avec des trucs dans les oreilles et le MP4par dessus j’l’entends quand même. Mon portable vrombit comme un naze et j’l’entends pas. Et voilà qu’c’était Marco, au hasard. Le seul que j’ai envie d’entendre. M’a laissé un text. On s’voit ce soir en bas du B. J’sens que j’vais descendre les poubelles, ce soir. Me d’mande c’qu’il a à m’raconter.

 

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( Nancy )

Je n’arrive pas à imaginer que j’ai bientôt quatre vingt dix ans. Parfois je l’oublie. Et quand ça revient, mon ventre se serre et la peur me prend. Alors, j’essaie de ne pas trop y penser. Mon enfance, c’était hier.

 

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( Sonia )

Souvent je me demande s’ils en font trop, ou pas assez, ou mal, avec cette grippe. On commence à entendre parler de gens malades pas loin de nous, mais jusqu’à nouvel ordre, ils guérissent, voilà. Comment savoir s’il faut s’inquiéter ou pas ? Les mauvaises langues disent que pendant qu’on se soucie de ça, on ne se soucie pas d’autre chose. Et d’ailleurs, s’inquiéter, ça sert à rien. Il paraît qu’il y a eu des grippes similaires dans le passé. Si ça se trouve on est immunisé. Enfin, du moins, si on se lave les mains bien comme il faut, on aura les mains propres.

 

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Ca y est, ça cahote encore un peu, mais ça roule. Comme nous. On fait de notre mieux. Comme des gamins, qui, le nez collé à la vitre, penseraient avoir une vue générale de la maison.

 

mercredi 26 août à 10h46 par selva | # | 2 commentaires

smiley : regular_smile (2) d’une histoire qui s’est mise en route… lentement.

(2) d’une histoire qui s’est mise en route… lentement. 

 

L’invisibilité, ça marche pour les hommes aussi ? Je ne parle pas de l’invisibilité des contes, ni même de celle qui protège parfois et qu’on désire, histoire de se faire un petit cocon paisible. Je parle de cette espèce d’annulation, de gommage, de mise hors-jeu, qui ne dépend pas de nous et que je constate de plus en plus souvent. Parfois j’ai le sentiment que les regards des passants me traversent. Faut il pour qu’ils me voient que je simule un malaise, que je marche sur les mains, que je m’habille en rouge et vert, que je chante à tue-tête ? Mon amie Clara dit que les gens sont tous myopes, sans doute. Et si je veux être honnête avec moi même, je dois bien admettre que moi aussi je l’étais autrefois.

A part ça, RAS, tout va, je prépare mon voyage, je lis beaucoup, je me promène un peu.

 

Sonia n’est pas la seule femme à lutter contre l’invisibilité dont on ne sort que comme potentiel consommateur ; à parier qu’elle n’est pas invisible pour les voyagistes ( comme on dit) qui tentent de lui vendre le trek du siècle à l’usage des jeunes vieux. ( comme elle se qualifie elle même avec un sourire). Ou peut être, anonyme, simplement, car ils sont nombreux ceux du baby boom à faire saliver les business qui les concernent. Mais les voient ils un à un ? Bon, ça suffit pour l’instant les considération grises. De l’action, un peu, ça ne ferait pas de mal.

 

lundi 24 août à 17h12 par selva | # | commenter

smiley : regular_smile (1 ) d'une histoire que je ne connais pas encore

 

 

(1 )   d'une histoire que je ne connais pas encore

 

 

Le matin avant de partir pour le lycée je m'arrête au troisième étage et je frappe doucement à la porte: "Tout va bien, Nancy?" et j'entends sa voix à travers la porte  avec en plus la distance jusqu'à sa chambre et la voix dit "Tout va bien". Alors je pars tranquille et je plonge dans l'autre monde, celui des jeunes de mon âge et des technologies modernes, des résultats scolaires et des  garçons qui me regardent avec l'air de.Le soir au retour je fais de même. Si elle tarde à répondre my heart misses a beat, comme j'ai appris aujourd'hui à dire au cours d'anglais. Parfois j'entre avec la clé qu'elle m'a donnée, je passe un moment avec elle, je vérifie que le repas lui a été livré, que l'infirmière a fait son travail, que le fauteuil est bien installé devant la télé. Je lui raconte un peu de ma journée. Elle écoute, attentive, un sourire aux lèvres qui met en relief ses pommettes roses et anime son visage. Parfois elle raconte une histoire , un souvenir suggéré par mes propres anecdotes. Nous bavardons comme deux amies. Nous sommes amies. Elle a quatre-vingt-dix ans bientôt et moi dix-huit.

Maintenant je sais quelques petites choses sur cette histoire. Je sais que celle qui parlait aujourd'hui s'appelle Clara. Je sais aussi qu'elle a une autre amie, Sonia, qui a soixante ans et habite au septième étage de l'autre bâtiment. Et aussi des amies de son âge. Et une soeur, et deux frères. Mais c'est de Clara , de Sonia et de Nancy qu'il sera question surtout ici. C'est le fil que j'ai tiré au grand manège des histoires et voici que l'histoire commence à se dérouler toute seule....

dimanche 23 août à 00h10 par selva | # | 2 commentaires
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