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Un coquelicot  sur l’ardoise.

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( une co-écriture Plasoc/ Selva)

 

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Trois mois plus tard.

Oui, je sais, c’est un peu facile de s’en tirer comme ça.

Mais ce n’est pas tout.

 

Je crois que je ne vais donner aucune clé, ou presque.

 

Et à propos de clé, l’autre, là, vous vous rappelez ? ( Ceux qui ont suivi.) Celle que Jérémie avait, on ne sait pourquoi, confiée sans lui demander son avis à son nouveau pote de la rue ? Celle que la petite nana , la bénévole d’SOS la rue, oui, Célia, c’est ça, avait mise de côté avec l’exemplaire plus qu’usé du « capital » pour occuper sa nuit de veille. Ben figurez vous qu’elle n’a pas eu le temps de regarder son contenu, cette nuit là, et qu’il a déjà fallu trois jours à Jérémie pour retrouver la trace du vieux, de la bénévole, et de la clé.

 

Et finalement, c’est ensemble que Jérémie, Nico ,Léa, Camille, Lola, la mère de Lola, purent renouer les fils une semaine plus tard et s’expliquer sur les quelques mystères restant. La clé, va savoir pourquoi, fut finalement jetée enrubannée à la mer comme une offrande à Yemanja moyennement orthodoxe,  mais bon, parfois, la responsabilité est trop lourde et c’est bien de pouvoir déléguer un peu.

 

Dire que Nico était redevenu pour tous un ange et un ami parfait, ce serait s’avancer beaucoup. Nico est Nico, on ne le changera pas . Ce n’est pas un monstre non plus. Juste un humain pas toujours clair, mais qui l’est ?. J’en vois au fond qui lèvent la main ? Non, pardon, cette phrase appartient à une autre histoire.

 

Nico et Karine,la mère de Lola, ne se sont pas remis ensemble, non. Mais ils sont rentrés avec Lola en Amérique du Sud  avec des projets qui se croiseront sûrement tôt ou tard , plutôt militants pur et dur pour Karine, plutôt artistiques avec une tendance vers le social pour Nico, qui a quand même, on le voit ici, fait son bout de chemin. A propos , d’ailleurs, quel chemin suivra Lola ? Allez savoir ?

 

Léa , Jérémie, Camille, se demandaient  parfois, trois mois plus tard, s’ils n’avaient pas rêvé tout ça. Ils n’avaient jamais été inquiétés pour leur implication involontaire dans l’affaire, ce qui leur paraissait plus qu’étrange . S’ils n’avaient pas gardé le contact avec Eraldo et ses protégés, ils auraient eu des doutes quelquefois sur leur état mental. Mais non, tous ces gens existaient vraiment, la villa existait vraiment, le vieux SDF aussi. Léa, Jérémie et Camille commençèrent à  ranger peu à peu dans le sac aux légendes perso l’épisode Nico, comme une piqûre de rappel de leur jeunesse lointaine.

 

Alors quoi ? Que faire et comment vivre ? Attendre, juste attendre, que le temps passe et nous terrasse, en violence ou en douceur ? Ou  profiter de la secousse salutaire pour reconfigurer sa vie ?

 

Je crois que Camille et Jérémie ont passé du temps ensemble, mais pas tout leur temps. Je crois qu’ils ont fait  d’autres choses, ensemble ou séparés, avec ou sans Léa, créé, peint, inventé, fait des enfants, ou adopté peut être, voyagé, exploré, rejoint les désobéissants d’une manière ou d’une autre, aimé, aidé, donné, reçu.

 

Ah oui, pardon, les trois mois plus tard, c’est vrai, il faut  terminer ce qu’on a commencé. Trois mois plus tard, donc. Un paquet arriva par la poste à leurs trois noms. Un petit paquet de la taille d’un livre, mais qui contenait, en fait, il fallait s’y attendre, une  ardoise et quelques pétales de coquelicots soigneusement disposés pour dire la chose suivante : Humains, amis , la vie. Quoi d’autre ?