je suis immobile

il est mouvement

 

tous les matins à la même heure,

il vient

je suis là  depuis toujours

 

il danse

ses bras dessinent des volutes

son corps oscille

son regard se tourne à l'intérieur

 

je le regarde

il ne me voit pas

ce n'est pas pour moi qu'il a choisi ce jardin au bord du fleuve

mais seulement pour le silence

pour que sa lente danse arrête le temps

 

immobile je regarde la terre

la courbe de ma nuque  dessine  des possibles

ma peau minérale  a faim d'amour

les mots ne passent jamais ma bouche

 

il aime ma présence silencieuse

j'aime le rituel de ses mouvements

chaque jour depuis l'aube je l'attends

 

il vient, fidèle

il ne saurait  aller danser ailleurs

 

l'eau sur ma joue n'est que pluie de janvier