Rod Story 5 Une co-éc Plasoc / Selva
ROD STORY
Une co-écriture Plasoc/Selva
- 5 – The west is best
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Les deux hommes furent vite prêts, chaussés et couverts comme il convenait. Simon portait en bandoulière le même sac de marin qu’il trimballait partout où il allait, juste un peu plus gonflé par les vêtements de rechange qu’il y avait fourré. Dame ! C’était l’hiver, il était important de se préserver du froid.
Ils atteignirent la place où se trouvait le banc, l’endroit où ils avaient fait connaissance la veille. Simon désigna tour à tour les quatre directions possibles en précisant :
« A gauche on va à l’est, vers l’océan ; tout droit c’est la direction de New York, l’asile de fou des hommes aliénés, l’ouest c’est de ce côté, les montagnes que tu vois par là-bas ; et si tu prends au nord tu retourne au Canada. Tu devines par où nous allons mon garçon ?
- L’ouest ?
- Bingo !
- C’est le choix naturel non ?
- C’est le choix que j’aurais fait également. Allons ! Mettons-nous en route. »
Ils sortirent de Merrimack presque brutalement, juste après avoir traversé une zone résidentielle et longé quelques terrains vagues encombrés de mobil-homes condamnés depuis longtemps à rester immobiles. Ensuite c’était la forêt qui régnait. Sans poser de question Rod emboîta le pas du vieil homme lorsqu’il emprunta un chemin à peine carrossable qui suivait une ligne droite au milieu de la végétation ; cela ressemblait plus à une zone coupe-feu qu’à une voie de circulation convenant à l’auto-stop. Mais Rod avait décidé de faire confiance à son guide. Après tout, Simon était du coin, il devait savoir ce qu’il faisait.
Ils marchèrent ainsi en silence et à bonne allure pendant sept ou huit kilomètres en suivant la même saignée étrangement linéaire tracée dans la toison de la forêt. Après presque deux heures de progression monotone ils atteignirent enfin une large clairière à l’orée de laquelle ils s’accordèrent une première halte. Simon proposa des beignets qu’il avait dans son sac.
« Ils sont d’avant hier mais ça devrait nous caler l’estomac. Ça va ? Pas trop mal aux chaussures ?
- Ça va, merci.
- Tu n’es pas bien causant n’est-ce pas ?
- Je n’aime pas parler pour ne rien dire. Je profite de ce qui m’entoure. C’est beau ce coin.
- Ouaip ! C’est la grande forêt. Partout des petits lacs et des grandes forêts et encore des lacs, et des forêts. C’est ce qu’on fait de mieux par ici. C’était territoire Huron autrefois.
- Vous connaissez des histoires ?
- Ouais. J’en connais mais je sais pas les raconter… Une légende parle d’une indienne de la tribu des Shawnee qui galopait si vite sur son mustang* qu’elle pouvait remonter le temps… Des histoires dans ce pays on n’en manque pas, ce sont les conteurs qui font défaut.
Simon endossa son sac puis il reprit
- Bon, si on veut faire de la route aujourd’hui il ne faudrait pas traîner davantage. La station est derrière la colline là-bas, nous devons y être avant l’heure du déjeuner pour avoir des chances de nous faire embarquer.
- De quelle station parlez-vous ?
- Texaco mon garçon ! Le stop, moi je ne l’ai jamais envisagé autrement que sur les parkings de Texaco ! C’est bien le diable si on se dégotte pas un camion qui va vers l’ouest ! »
Effectivement un peu après midi nos deux amis roulaient en compagnie d’un routier sympathique, hissés à plus de trois mètres au-dessus de l’asphalte, dans une cabine surréaliste, le long d’une route qui traversait collines et forêts jusqu’à la ville de Buffalo, avant de buter droit dans le lac Erié.
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* ceux qui ont suivi depuis u blog ont gagné toute notre estime s'ils comprennent l'allusion!




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