Un coquelicot  sur l’ardoise.

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( une co-écriture Plasoc/ Selva)

 

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 23

 

Ils allaient se séparer lorsque Jérémie eut un flash. Depuis qu’il retournait mille questions dans sa tête une chose lui semblait absolument impossible : personne ne pouvait savoir qu’ils étaient venus camper au vallon des oliviers puisque lui-même n’avait eu cette idée qu’une fois le convoi en route. Cependant que cette question paraissait insoluble son subconscient avait continué à travailler à son insu et il était venu à la conclusion que le seul lien qu’ils avaient eu avec l’extérieur venait du portable de Lola, lorsque son père l’avait contacté. Jérémie voulut vérifier si son intuition était fondée. Il demanda le téléphone à l’enfant qui le lui confia de bonne grâce. C’était un appareil de dernière génération, avec toutes les options possibles et imaginables qui devait être hors de prix. Nico aurait sans doute dit qu’il était « tombé d’un camion » ou quelque chose dans le genre. Il était resté allumé depuis le début de la soirée car Lola tentait encore de temps en temps mais sans succès de joindre son père. En recherchant le dernier appel entrant Jérémie constata qu’il provenait bien de Nicolas. En haut de l’écran apparaissaient des chiffres que Jérémie identifia comme étant des coordonnées GPS.

 

« Bon sang ! s’écria-t-il, je comprends comment notre cachette a été éventée ! Ton téléphone fait office de GPS ! Lorsque Nicolas t’a appelée les coordonnées géographiques du vallon des oliviers sont probablement apparue sur son écran et elles sont restées en mémoire.  Nous avons été trahis par la haute technologie ! »

 

Ainsi une partie du mystère s’expliquait. De même que le manque de ferveur des visiteurs du soir qui ignoraient que la caravane était effectivement occupée par ceux là même qu’ils recherchaient. En la trouvant près du point GPS ils avaient pu penser qu’elle abritait les fugitifs mais en la visitant ils n’avaient rien trouvé, tout avait l’air abandonné, d’autant plus que ça faisait lurette que la roulotte n’avait pas servie et qu’elle était également privée de véhicule tracteur.

 

« Mais alors ? L’ardoise ? demanda Camille, après que Jérémie eut fait part de ses réflexions. Qui l’aurait laissée ?

       Je ne peux l’expliquer que d’une façon répondit Jérémie, l’un de ceux qui sont venus ici est un allié. Il aura voulu laisser un message au cas où. Un message à la façon de Nicolas.

       C’est vraiment dommage que la fleur se soit détachée, dit la jeune femme avec regret. On ne saura pas ce qu’il a voulu nous dire.

       Ça vaut peut-être mieux ainsi rétorqua Jérémie. A présent nous devons nous séparer. Lola ?

       Oui ?

       Il va falloir que tu me fasses confiance. J’ai besoin de garder ton téléphone pour continuer d’appeler ton papa. Où qu’il soit, quelqu’un finira bien par répondre et alors je saurai où il est

       A cause du jépaisse ? demanda Lola qui n’avait pas cessé d’écouter la conversation.

       Oui, grâce au GPS mon ange. Jérémie lui caressa tendrement la joue. Va avec les autres dans la voiture de Popeye. Je serais plus tranquille en vous sachant en sûreté. »

 

Les quatre fugitifs qui allaient prendre le maquis lui donnèrent l’accolade à tour de rôle. Quand Jérémie tint Camille dans ses bras il la serra très fort. « Je t’aime, lui dit-il, veille bien sur la petite. Surtout attendez de mes nouvelles avant de vous montrer. » La jeune femme lui rendit son étreinte et lui murmura à l’oreille :  « Je t’aime plus que tout Jé, surtout sois prudent, ne met pas ta vie en danger, je ne m’en remettrais pas. Promets le moi. »