Un coquelicot sur l’ardoise.

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( une co-écriture Plasoc/ Selva)

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20

 

 

Camille se précipita pour consoler la petite, en bousculant de ci de là les objets qui encombraient l’étroit espace de la caravane. Mais Lola ne voulait pas être consolée, elle voulait être entendue, et que ces adultes réagissent, vite ! Aussi essaya-t-elle d’expliquer, entre sanglots et reniflements. Nicolas avait dû se rendre à un rendez-vous, il y avait trouvé quelque chose d’inattendu et de dangereux. Des gens voulaient le tuer  peut-être. En tout cas il fallait aller le chercher.

Les trois autres se regardèrent , consternés.

-Mais enfin, dit Jérémie . Je ne comprends pas. Il est prisonnier ?

-Non, je ne crois pas, hoqueta Lola. Je ne sais pas. Je n’ai pas bien compris. Il est dans une villa.  Il ne peut pas se montrer dans la rue je crois.

-Explique nous, dit Camille avec douceur . Qui lui veut du mal ? Pourquoi ? Tu nous a caché quelque chose ?

-Non, cria Lola. Je vous ai dit. Tout le monde lui en veut. L’ami de Maman, les gens de la police de là bas, les autres qui faisaient les réunions à la maison et qui disaient qu’il les avait trahis, est-ce que je sais ! Mais je m’en fous, c’est mon papa et je veux qu’il soit vivant. J’irai toute seule s’il le faut !

-Tu iras où ? Répliqua Jérémie . Est-ce que tu sais seulement où il est ? Est-ce qu’il te l’a dit ?

-Non

-Alors ! Tu vois bien. On ne peut rien faire. Qu’est ce que tu as, Léa ? Tu es toute pâle.

Léa prit sa respiration.

-Il faut que je vous avoue ..je vous ai caché quelque chose.

Tous les regards se tournèrent vers elle.

-Nicolas et moi, on s’est….. revus.

-Revus ?

-Oui, je…

Elle fit un vague signe vers Lola, que Jérémie interpréta par « S’il te plait ne me demande pas de détails ! »

-Bon dit Jérémie un peu plus sèchement qu’il ne l’aurait voulu.. C’est ton droit, tu es grande. Mais quand même, on est tous concernés, non ? On pourrait avoir des nouvelles. Et Lola la première !

-Ecoutez, dit Léa. Il m’avait fait promettre de ne rien dire. Il se cachait. Il a dormi une nuit chez moi, parce que ce soir là il n’avait nulle part où aller.

-Tu parles d’une cachette, dit Jérémie.

-Mais c’est que cette nuit là, il m’a parlé d’une villa. L’ami de la mère de  Lola s’y est installé.

-Et maman aussi ?

- Je ne crois pas.

- Lola… commença Camille.

-Quoi ?

-Non, rien .

-Si, dis-le !

-Non, c’est juste que… Tu as peur pour ton père… et…

-Et pas pour ma mère, c’est ça ?

-Eh bien..

-Excusez moi, interrompit Jérémie. Si Léa sait où Nicolas se trouve, j’y vais. Tu viens, Léa ?

-Je viens aussi.

- Non, Lola, tu restes ici.

- Camille reste aussi. Il faut quelqu’un avec Lola.

 

 

Jérémie ne savait pas au juste ce qu’il allait faire. Il  détacha  la voiture. Il partit avec Léa jusqu’à une ruelle à l’entrée de la ville puis se gara  et se dirigea un peu plus loin vers une ligne de voitures dont il testa rapidement les portières au passage. Il trouva rapidement ce qu’il voulait. Un ou deux gestes rapides et la voiture démarra. Léa ne fit aucun commentaire. Elle monta dans la voiture et ils roulèrent, Léa expliquant le chemin, Jérémie silencieux, tendu. Quand ils arrivèrent à proximité, ils virent les voitures de police. Un gendarme commençait à installer un cordon devant la villa et les badauds s’attroupaient. Pas de Nicolas en vue. Jérémie ne s’arrêta pas. Il reprit le chemin du Vallon en en faisant quelques détours au cas où. Mais personne ne les suivait. Jérémie gara la voiture à peu de distance de l’endroit où il l’avait prise et marcha pour récupérer l’autre. Quand ils arrivèrent à la caravane, tout était comme ils l’avaient laissé. Si ce n’est que sur la première marche de la caravane, il y avait une ardoise, et un coquelicot posé dessus.

 

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