(2) d’une histoire qui s’est mise en route… lentement. 

 

L’invisibilité, ça marche pour les hommes aussi ? Je ne parle pas de l’invisibilité des contes, ni même de celle qui protège parfois et qu’on désire, histoire de se faire un petit cocon paisible. Je parle de cette espèce d’annulation, de gommage, de mise hors-jeu, qui ne dépend pas de nous et que je constate de plus en plus souvent. Parfois j’ai le sentiment que les regards des passants me traversent. Faut il pour qu’ils me voient que je simule un malaise, que je marche sur les mains, que je m’habille en rouge et vert, que je chante à tue-tête ? Mon amie Clara dit que les gens sont tous myopes, sans doute. Et si je veux être honnête avec moi même, je dois bien admettre que moi aussi je l’étais autrefois.

A part ça, RAS, tout va, je prépare mon voyage, je lis beaucoup, je me promène un peu.

 

Sonia n’est pas la seule femme à lutter contre l’invisibilité dont on ne sort que comme potentiel consommateur ; à parier qu’elle n’est pas invisible pour les voyagistes ( comme on dit) qui tentent de lui vendre le trek du siècle à l’usage des jeunes vieux. ( comme elle se qualifie elle même avec un sourire). Ou peut être, anonyme, simplement, car ils sont nombreux ceux du baby boom à faire saliver les business qui les concernent. Mais les voient ils un à un ? Bon, ça suffit pour l’instant les considération grises. De l’action, un peu, ça ne ferait pas de mal.